[Billet d’hu­meur] On a testé la réunion 100 % en français ! #Semai­neDeLaF­ran­co­pho­nie

L’in­for­ma­tion ne vous a sans doute pas échappé tant elle a été média­ti­sée : c’est la semaine de la langue française et de la fran­co­pho­nie. Pour célé­brer digne­ment le ving­tième anni­ver­saire de l’évé­ne­ment, nous avons décidé, en véri­tables amou­reux des mots – agence de marke­ting (promis, marke­ting est dans le diction­naire français !) de contenu oblige -, de nous effor­cer de faire unique­ment usage de la langue de Molière tout au long de notre “réunion debout”. Adieu jargon, angli­cismes et abré­via­tions donc !

Je me lance la première, amusée et confiante. “Pour ce webzine, je n’at­tends que le go… Je veux dire… J’at­tends juste la vali­da­tion du client pour shoo­ter… Euh, pour envoyer la news­let­ter… Enfin, la lettre d’in­for­ma­tion.”

Première tenta­tive, premier échec.

Seb enchaîne : “OK. Enfin, d’ac­cord. D’ailleurs, je vais checker… Véri­fier que le templa­te… Le gaba­rit de la lettre d’in­for­ma­tion […].” Yeux brillants, sourire en coin : fierté non dissi­mu­lée de celui qui a correc­te­ment placé le mot français là où nous utili­sons systé­ma­tique­ment son équi­valent anglais.

D’autres pour­suivent : “J’ai terminé le CR… Le compte-rendu de mon dernier call… de ma dernière réunion télé­pho­nique.” ; “J’ai préparé le brie­fing… C’est dans le dico, enfin le diction­naire français ça ! Donc, j’ai préparé le brie­fing pour la créa… Enfin, pour la créa­tion graphique de l’ebook… Du livre blanc.” ; “J’ai uploa­dé… Chargé toutes les news… Je veux dire, toutes les actua­li­tés sur le blog… Blog. Je peux dire ça, blog ?”

Les échanges, four­nis et ryth­més lors de nos réunions hebdo­ma­daires, se font plus rares qu’à l’ha­bi­tude. La raison ? Chacun s’est fait aider ou reprendre par ses collègues au cours de ses diffé­rentes inter­ven­tions. Prudents, nous répé­tons donc conscien­cieu­se­ment nos phrases dans notre tête avant de parler. C’est le moyen que nous avons trou­ver pour iden­ti­fier et anti­ci­per les diffi­cul­tés qui pour­raient se poser à nous. Et nous y mettons toute notre réflexion, tant et si bien que… nos inter­ven­tions ne sont plus utiles à la discus­sion puisque celle-ci ne nous a pas atten­dus pour avan­cer.

Une réunion 100 % en français. Un exer­cice qui semble parti­cu­liè­re­ment simple. Selon les secteurs d’ac­ti­vité et le type d’en­tre­prise, il peut s’avé­rer bien plus complexe qu’il n’y paraît. Invox est une jeune pousse travaillant pour et sur la toile – compre­nez une star­tup qui évolue dans le domaine du Web (si Web est dans le diction­naire français, il s’agit toute­fois d’une abré­via­tion). Chaque entre­prise, chaque service, parfois même chaque équipe adopte et déve­loppe son propre langage. Une bonne dose de jargon, des acro­nymes à n’en plus finir, quelques termes étran­gers ; ajou­tez à cela les expres­sions très person­nelles de certaines socié­tés, et même de certaines personnes : vous obte­nez un dialecte extrê­me­ment peu courant et parti­cu­liè­re­ment diffi­cile à déchif­frer.

Pensez aux nouveaux arri­vés dans votre entre­prise ou dans votre service, à vos pres­ta­taires et surtout à vos clients. Qui allez-vous convaincre avec ce chara­bia ?

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